Le contrecoup sur les expéditions maritimes se traduit par une baisse de 35 % des volumes exportés, arrêtés à 125 469 tonnes. En valeur, les entrées de devises générées par les ventes internationales s'effondrent de 58,8 %, passant de 1 410,85 milliards de FCFA lors de la campagne précédente à 580,43 milliards de FCFA.

La dégradation des indicateurs résulte de tensions agronomiques et de la volatilité des marchés. L'apparition d'une épidémie de pourriture brune des cabosses dans le Sud-Ouest, deuxième bassin de production national avec 19,9 % des récoltes derrière le Centre (45,8 %), a amputé les rendements. Sur les places d'achat villageoises, les tarifs appliqués aux producteurs ont subi une instabilité extrême, oscillant entre 4 300 FCFA/kg et un plancher quinquennal de 700 FCFA/kg. Les unités de transformation locales subissent également la raréfaction de la matière première, avec un volume broyé de 95 946 tonnes, en baisse de 12 % par rapport aux 109 431 tonnes de la saison précédente.

La géographie des exportations confirme la dépendance envers le marché communautaire européen, destinataire de 84,62 % des cargaisons (113 528 tonnes), loin devant les acheteurs asiatiques avec 14,24 % (19 107 tonnes) et le continent africain qui ne capte que 1,13 % (1 515 tonnes). Le net fléchissement des performances à l'exportation met en lumière la vulnérabilité des recettes extérieures de l'État face aux chocs phytosanitaires et aux variations des cours mondiaux des matières premières.


Ndjomo Carlos