Café : Les exportations camerounaises en baisse de 17,6% au premier trimestre 2026
Les relevés de conjoncture établis par le Conseil national économique et financier pour les trois premiers mois de l’exercice 2026 font état de ventes extérieures de café plafonnées à 4,1 milliards de FCFA, contre 5 milliards de FCFA enregistrés à la même période un an plus tôt.
Ecouter l'article
Cliquez pour generer la version audio
La contraction de 17,6 % représente un manque à gagner net de 900 millions de FCFA pour les opérateurs de la filière. Le repli sectoriel s'inscrit dans un mouvement d'érosion globale des échanges extérieurs du pays, dont le total s’établit à 606,9 milliards de FCFA au premier trimestre, marquant un recul de 23,6 % par rapport aux 794 milliards de FCFA comptabilisés début 2025.
La chute des valeurs marchandisées découle de la détente des prix d’achat internationaux observée sur les places boursières. Durant les trois premiers mois de l'année, la cotation de l’arabica a dévissé de 17,4 % pour s'installer à 7,37 dollars le kilogramme, tandis que la variété robusta a subi un décrochage sévère de 31,5 %, glissant à 3,90 dollars le kilogramme. L'accroissement de la récolte mondiale, projetée à 179 millions de sacs pour la campagne 2025-2026 soit une hausse de 2 %, accentue l'offre disponible et entretient l'orientation baissière des cours. La Banque mondiale anticipe ainsi des prix moyens annuels stables autour de 7,25 dollars pour l’arabica et 4 dollars pour le robusta.
L’inflexion négative des marchés mondiaux heurte une dynamique productive interne pourtant en phase de redressement. Lors de la campagne agricole 2024-2025, le volume commercialisé sur le territoire national avait progressé de 9,9 % pour atteindre 11 637 tonnes, tiré par une poussée de 150,9 % des récoltes d’arabica fixées à 1 260 tonnes et une hausse de 2,8 % du robusta établi à 10 377 tonnes. Le tarif moyen rémunérateur accordé aux planteurs locaux s’était élevé à 2 055 FCFA le kilogramme, affichant un bond de 33,3 %. La baisse actuelle des prix internationaux menace désormais de rogner les marges des exportateurs et de casser la spirale de revalorisation des revenus ruraux.
La vulnérabilité des cultures de rente face aux chocs de prix externes souligne l'urgence de renforcer la transformation locale des fèves pour extraire davantage de valeur ajoutée avant l'expédition vers les marchés de consommation. La baisse de 10,6 % enregistrée par l’indice global des produits de base exportés par le Cameroun en mars 2026 met en évidence la fragilité d'un modèle commercial encore dépendant des brutagères agricoles. Une stratégie d’industrialisation ciblée de la filière permettra de stabiliser les revenus des exploitants face à l’instabilité des cours mondiaux.
Asaba
Commentaires