Commerce extérieur : Les exportations agricoles de la Russie vers l'Afrique augmentent 35 % au premier semestre 2026
Les statistiques des exportations agroalimentaires vers le continent, enregistrées pour la première moitié de l'exercice 2026, indiquent un chiffre d'affaires vers le continent de 2,9 milliards de dollars.
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Les volumes physiques acheminés par cargo franchissent la barre des 11 millions de tonnes, marquant une progression de 40 %. Le blé demeure le produit hégémonique des livraisons avec 10,2 millions de tonnes expédiées, représentant plus de 90 % des cargaisons de grains. L'offre russe s'enrichit également d'orge à hauteur de 234 000 tonnes, d'huile de soja pour 158 000 tonnes, ainsi que de farines et tourteaux de tournesol totalisant plus de 95 000 tonnes.
La géographie des livraisons met en lumière l'ancrage prédominant des ports d'Afrique du Nord. L'Égypte confirme son statut de premier client régional en absorbant 44 % des tonnages totaux, soit 4,9 millions de tonnes reçues contre 3,8 millions de tonnes sur la même période un an plus tôt. Le Soudan occupe la deuxième position des réceptions, tandis que le Kenya enregistre une multiplication par 9,5 des volumes reçus pour capter 10 % des flux. La pénétration commerciale s'appuie sur le souvenir d'un exercice 2024 déjà en hausse de 19 % avec 7 milliards de dollars d'échanges, couplé à une campagne 2024/2025 où la livraison de 13,5 millions de tonnes de blé a assuré à Moscou 40 % des parts du marché maghrébin face aux 25 % détenus par les producteurs de l'Union européenne.
L'extension des opérations vise désormais le segment de l'élevage et de la transformation carnée. Durant l'année 2025, les expéditions de viande de volaille vers les marchés d'Afrique subsaharienne ont généré plus de 50 millions de dollars de recettes, alimentant les réseaux de distribution au Bénin, en République démocratique du Congo, au Ghana, au Mozambique et en Guinée. La stratégie tarifaire agressive de Moscou transforme la dépendance céréalière en levier d'ancrage économique durable face aux concurrents sud-américains.
La dépendance accrue des pays africains vis-à-vis des céréales de la mer Noire expose les budgets nationaux aux aléas des routes maritimes et des sanctions financières internationales. Pour garantir la sécurité alimentaire des populations sans grever les réserves en devises, les gouvernements du continent doivent impérativement accélérer le financement des filières céréalières locales et encourager la consommation de farines substitutives. La souveraineté alimentaire demeura un objectif théorique tant que la couverture des besoins de base dépendra des excédents des grandes puissances agricoles.
Nlend Flore
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