La trajectoire d'exonération linéaire de 10 % par an doit déboucher sur une franchise douanière totale à l'horizon 2030. L'étape complète l'exemption fiscale déjà accordée au premier groupe depuis 2019 et au deuxième groupe depuis 2023, lequel comprend le clinker, le matériel électrique et les camions de transport. L'impact financier cumulé supporté par le Trésor public après une décennie de libre-échange atteint 103 milliards de FCFA, soit un coût annuel moyen de 10 milliards de FCFA. Les recettes douanières ont franchi la barre des 1 000 milliards de FCFA dès l'exercice 2023, tirées par la réorientation des flux d'approvisionnement vers le marché chinois. Entre 2016 et 2024, la part d'importation de machines en provenance de Chine est passée de 23,8 % à 52,5 %, tandis que la part européenne reculait de 50,1 % à 32,3 %. L'avantage fiscal demeure concentré : sur 1 021 établissements enregistrés fin 2023, moins de 5 % captent 75 % des économies douanières générées.

La réduction des taxes à l'importation abaisse les coûts d'acquisition des équipements industriels pour les grandes entreprises. La baisse des tarifs douaniers sur les intrants chimiques renforce la compétitivité des usines de transformation locale. L'accès préférentiel aux biens d'équipement européens stimule la modernisation de la flotte de transport routier.

L'abaissement des barrières douanières favorise le transfert de technologies industrielles vers le tissu économique national. La diversification des fournisseurs extérieurs préserve l'équilibre des recettes budgétaires face aux dégrèvements accordés aux partenaires européens. La concentration des gains fiscaux sur les grandes structures renforce l'urgence d'une meilleure intégration des petites et moyennes entreprises dans les circuits de commerce international.


Bernardo