Mines : La RDC interdit l'exportation du cuivre et du cobalt bruts
Une décision conjointe signée le 29 juin 2026 par 03 ministres; ceux de l'Économie, des Mines et du Commerce extérieur, prohibe le départ des concentrés de cuivre et de cobalt hors du territoire national. La mesure entrera en application intégrale trois mois après signature, soit le 29 septembre 2026.
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Les textes prévoient néanmoins une dérogation temporaire d'un an, accordée au cas par cas par la tutelle aux exploitants confrontés à des contraintes technologiques ou économiques particulières. L'enjeu économique est central : premier producteur mondial de cobalt avec 70 % du volume global et deuxième fournisseur de cuivre, l'État congolais a engrangé 5,84 milliards de dollars de recettes extractives en 2023, l'activité minière générant 96 % des revenus publics contre à peine 4 % pour le secteur pétrolier.
L'encadrement strict du marché intervient dans une conjoncture internationale très favorable aux métaux de la transition énergétique. Les cours mondiaux du cuivre dépassent 13 600 dollars la tonne, tirés par la demande des réseaux électriques et des infrastructures informatiques, avec des perspectives d'exportations congolaises estimées à 37 milliards de dollars par an d'ici 2030. De son côté, le cobalt franchit la barre des 56 000 dollars la tonne en raison des besoins des filières de batteries pour véhicules électriques. Pour protéger les sites extractifs et encadrer la filière artisanale, Kinshasa négocie la formation de 20 000 agents spécialisés destinés à composer une force de protection minière sur le terrain.
La transformation sur place des concentrés minéraux constitue le levier fondamental pour industrialiser le bassin du Katanga et multiplier les emplois qualifiés. En fermant les circuits d'exportation brute, le pouvoir public contraint les conglomérats internationaux à investir dans des fonderies et des usines de raffinage modernes. La valorisation locale de la production permettra d'augmenter substantiellement la fiscalité perçue par le Trésor public tout en réduisant la fuite des capitaux.
La réussite de l'initiative exigera un approvisionnement énergétique stable pour alimenter les nouvelles unités de traitement métropolitaines. Le renforcement de l'offre d'électricité industrielle et l'amélioration des voies d'évacuation ferroviaires détermineront la viabilité à long terme de la stratégie de Kinshasa. Sans investissements massifs dans les infrastructures de soutien, l'obligation de transformation risque de créer des goulots d'étranglement temporaires dans le stockage des minerais.
Nlend Flore
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