Cette situation de quasi-paralysie virtuelle survient dans le sillage de la propagation rapide d'une capsule vidéo sur la toile. Dans cet enregistrement devenu viral, une jeune femme formule de graves accusations de corruption à l'encontre du Vice-président, Teodoro Obiang Nguema, aîné du chef de l'État en exercice depuis 1979. Suite à la diffusion de ces images, l'auteure de la vidéo a été promptement interpellée par les services de sécurité. Ce dirigeant, coutumier des projecteurs en raison de son train de vie somptueux étalé sur les réseaux, fait régulièrement l'objet de controverses internationales, rappelant sa condamnation par la justice française en 2021 dans l'affaire des biens mal acquis ainsi que le gel de ses avoirs au Royaume-Uni à l'issue d'enquêtes financières approfondies. 

Sollicité par les agences de presse internationales pour obtenir une réaction officielle, le ministère équatoguinéen de l'Information est demeuré silencieux, s'abstenant de tout commentaire sur ces mesures de rétorsion numérique.


Pour les analystes économiques et les observateurs de la sous-région, ces entraves récurrentes à la libre circulation des données rappellent les pratiques de contrôle observées chez certains voisins frontaliers, à l'instar du Gabon voisin où les plateformes sociales font l'objet de suspensions similaires pour prétendument préserver l'ordre public et la sécurité nationale. Ces restrictions posent avec acuité la question de la prévisibilité de l'environnement réglementaire et de la stabilité des infrastructures de télécommunications, des paramètres essentiels pour le développement de l'économie numérique dans cet État pétrolier d'Afrique centrale, qui cherche par ailleurs à encadrer l'activité des géants du web pour diversifier ses sources de recettes budgétaires.


Asaba