En quête d'une enveloppe globale de 35 milliards de FCFA répartie à travers quatre émissions distinctes, Brazzaville n'est parvenu à lever que 19,09 milliards de FCFA, soit un taux de couverture global de seulement 54,5 %. Ce résultat mitigé intervient en dépit de conditions de rémunération particulièrement incitatives pour les investisseurs, oscillant autour de 7 % pour les bons du Trésor assimilables et atteignant un rendement actuariel d'environ 10 % sur les obligations du Trésor assimilables (OTA) à trois ans.


La contre-performance la plus prononcée s'est observée sur les segments à plus long terme et sur les titres de courte maturité à un an. Pour les bons du Trésor à 52 semaines, sur un montant sollicité de 10 milliards de francs CFA, le marché n'a formulé que 250 millions de francs CFA de souscriptions, traduisant un taux de couverture famélique de 2,5 % avec la participation d'un seul des 25 Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) au taux de 6,97 %. Sur les maturités à 26 semaines, l'émetteur a capté 5,34 milliards de francs CFA sur les 10 milliards recherchés, affichant une couverture de 53,4 % pour un taux moyen pondéré de 7 %. Quant à l'OTA à trois ans, dotés d'un coupon facial de 6 %, l'emprunt a attiré 3,5 milliards de francs CFA sur les 5 milliards escomptés, adjugé à 90 % de sa valeur nominale, une décote substantielle qui propulse son rendement réel à environ 10 %.

Seule la réémission d'une ligne ancienne d'OTA à 6 % échéant en mars 2028 a trouvé preneur en totalité, enregistrant 10,11 milliards de francs CFA de propositions pour un objectif de 10 milliards de francs CFA, soit 101,09 % de couverture, bien que le prix moyen pondéré se soit établi à 90,59 % de la valeur nominale, confirmant l’exigence de décote formulée par les investisseurs. 


Cette situation fait écho aux échanges tenus le 11 septembre à Douala entre le Trésor congolais et les SVT, au cours desquels les établissements bancaires avaient exprimé des inquiétudes quant à leur surexposition aux créances souveraines, susceptible de restreindre leurs marges de manœuvre pour de nouvelles souscriptions. Malgré ce revers conjoncturel, Brazzaville s'apprête à retourner sur le marché dès le 22 septembre 2026 pour tenter de mobiliser 40 milliards de francs CFA supplémentaires, à travers un programme ciblant 15 milliards de bons à 13 semaines, 5 milliards à 52 semaines et 20 milliards sur une obligation à 5,50 % arrivant à échéance en mai 2027.


Asaba