Cette décision positionne la République centrafricaine comme le marché le plus cher de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) pour les consommateurs d'hydrocarbures, dans un contexte d'enclavements structurels exigeant un transit continu des importations via le corridor Douala-Bangui.


Défendue par le président Faustin-Archange Touadéra comme une mesure d'assainissement budgétaire indispensable, la réforme vise à réallouer les ressources de l'État vers ses charges régaliennes prioritaires, notamment le paiement de la masse salariale des agents publics et le service de la dette. L'exécutif évoque l'incapacité du Trésor public à absorber durablement les surcoûts liés aux perturbations des chaînes d'approvisionnement et à la poussée des cours pétroliers au Moyen-Orient. La suppression des péréquations vise ainsi à substituer la politique du « prix juste » aux mécanismes d'interventionnisme public.


Cette revalorisation tarifaire a provoqué une vive contestation emmenée par la plateforme I Gwé et l’Observatoire de la gouvernance et du développement citoyen, qui ont appelé à des journées « ville morte » à Bangui. Les opérateurs du secteur informel, notamment les transporteurs routiers et les conducteurs de moto-taxis pour qui le carburant représente un poste de charges incompressible, subissent de plein fouet l'érosion de leurs marges ou se voient contraints de répercuter la hausse sur les usagers. 


Les mesures d'urgence adoptées par les autorités pour désamorcer le mouvement (telles que les distributions ponctuelles de carburant) soulignent la sensibilité de la politique énergétique dans la sous-région, alors que la stabilité économique de la capitale reste tributaire de la maîtrise de l'inflation importée.


BCN