Tchad : La chute de la production sucrière plombe de 67% l'industrie agroalimentaire
L'indice harmonisé de la production industrielle (IHPI), publié par l'Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED), révèle une nette dégradation des performances manufacturières au Tchad.
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Après une embellie au premier trimestre portée par le secteur brassicole, la branche agroalimentaire a enregistré un repli de 67 % au deuxième trimestre 2026.
Cette contre-performance entraîne l'ensemble de l'industrie manufacturière nationale dans une baisse de 34,5 % sur la période, ramenant le glissement annuel de la branche à -14,7 %. Seule la croissance de 11 % des industries extractives a permis à l'indice industriel global de maintenir une progression marginale de 1,2 %.
L'origine de ce choc d'activité réside dans la forte saisonnalité des récoltes de canne à sucre et l'arrêt temporaire des usines de transformation à la fin de la campagne agricole. Unique producteur du pays établi à Banda, la Compagnie sucrière du Tchad (CST) contrôlée par le groupe français Somdia dispose d'une capacité de traitement quotidienne de 2 400 tonnes de canne sur un cycle de 180 jours. Sa production annuelle plafonne à environ 35 000 tonnes de sucre granulé sous la marque Princesse Tatie, un volume très en deçà de la consommation nationale estimée à 270 000 tonnes par an.
Cette offre locale limitée contraint le Tchad à recourir massivement aux approvisionnements extérieurs. En 2025, les importations de sucre ont atteint 220 947 tonnes pour une valeur totale de 47,9 milliards de FCFA, en provenance principalement du Brésil, de l'Inde, de la France et de la Côte d'Ivoire.
Au total, quatorze opérateurs agréés se partagent ce marché d'importation d'environ 230 000 tonnes par an, maintenant la balance commerciale sous pression.
Pour corriger ce déséquilibre structurel, la maison mère Somdia a officialisé son intention d'investir plusieurs dizaines de millions d'euros dans la modernisation des infrastructures de la CST. Présenté lors du Forum d'affaires France-Tchad à Paris, ce programme d'investissement vise à porter la capacité de production locale à 50 000 tonnes par an. Le projet prévoit l'extension de 2 000 hectares des surfaces de culture de canne, la mise à niveau des équipements industriels et énergétiques de l'usine de Banda, ainsi que la construction d'une centrale solaire de 7 MW.
À terme, cette augmentation des capacités industrielles doit permettre au Tchad d'atténuer la vulnérabilité de son appareil productif face aux aléas du calendrier agricole et de renforcer sa souveraineté alimentaire.
Nlend Flore
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