RCA : Les prix du carburant revus à la hausse
Le répit aura été de courte durée pour les consommateurs centrafricains. Moins d'un an et demi après une augmentation, le gouvernement hausse à nouveau les prix des carburants à la pompe, située entre 100 et 350 FCFA
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Officialisée par la ministre de l'Énergie et de l'Hydraulique, Edwige Opportune Pouninguinza, la mesure entrée en vigueur en ce début d'octobre 2026, redessine la grille tarifaire avec une accentuation de la pression sur les budgets des ménages et des entreprises.
Pour les particuliers, le litre de super s'établit désormais à 1 150 FCFA contre 1 050 FCFA auparavant, soit une progression de l'ordre de 9,5 %, tandis que le gasoil franchit la barre des 1 400 FCFA en augmentant de 150 FCFA, affichant une hausse de 12 %.
L'impact de cette revalorisation se révèle plus prononcé encore pour les grands consommateurs et les opérateurs industriels, soumis à des tarifs différenciés portés à 1 500 FCFA pour le super et à 1 650 FCFA pour le gasoil. Cette décision replace la République centrafricaine au sommet de l'échelle des coûts des carburants au sein de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac).
Pour mémoire, le pays avait déjà enduré des chocs tarifaires majeurs au début de l'année 2023, matérialisés par des envolées brutales des prix avant qu'une modération partielle ne soit introduite en mai 2025.
Cette augmentation trouve son origine structurelle dans la dépendance intégrale de l'économie centrafricaine aux importations de produits raffinés, couplée aux tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient qui alimentent la volatilité des cours mondiaux du brut. Ne disposant pas de capacités de production locales pour amortir la flambée des cours internationaux, le pays subit de plein fouet l'effet de transmission sur sa chaîne logistique.
La mesure fait peser un risque d'inflation, alors que le Fonds monétaire international tablait sur une baisse des prix à la consommation, après les tensions enregistrées lors des exercices précédents. Intervenant au moment précis où l'Assemblée nationale entame ses travaux budgétaires pour l'exercice à venir, cet ajustement oblige l'exécutif à composer avec des arbitrages délicats, tout en tournant son regard vers des appuis extérieurs, à l'instar des livraisons d'hydrocarbures solidaires traditionnellement attendues de partenaires stratégiques pour tenter d'atténuer les tensions d'approvisionnement.
Nlend Flore
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