Pour piloter cette transaction, l'État a mandaté BofA Securities en qualité d'unique chef de file chargé de sonder l'appétit des investisseurs institutionnels en titres à revenu fixe. Cette opération s'inscrit dans la continuité directe de l'emprunt bouclé quelques mois plus tôt, qui avait permis au pays de lever 920 millions de dollars via un Eurobond à sept ans assorti d'un différé de trois ans et d'un coupon facial de 9,375 %.


Prise dans sa globalité, cette double incursion sur les marchés extérieurs permet à l'État d'épuiser le reliquat du plafond d'emprunts internationaux autorisé par le collectif budgétaire. Elle préfigure surtout une trajectoire d'endettement soutenue pour les exercices à venir. Les orientations préliminaires du projet de budget esquissent déjà des perspectives d'appels massifs aux marchés internationaux, avec une enveloppe avoisinant 1 100 milliards de francs CFA ciblée pour couvrir les charges de l'exercice suivant, en complément des ressources à mobiliser sur le compartiment régional. Ce dynamisme sur le front des emprunts extérieurs intervient dans un contexte comptable singulier, marqué par la réévaluation récente du stock global de passifs souverains à la suite d'un audit approfondi conduit par l'administration, ramenant l'encours consolidé à un niveau plus conforme aux critères de convergence communautaire, tout en frôlant le plafond de tolérance fixé à 70 % du produit intérieur brut.

La multiplication de ces levées de fonds obligataires et la perspective de volumes additionnels émis sur les marchés ne sont toutefois pas sans effet sur le comportement de la signature gabonaise. Les émissions secondaires déjà en circulation ont accusé des mouvements de repli successifs sur les places financières européennes, traduisant la prudence des porteurs de titres face à l'alourdissement du profil d'endettement à moyen terme.


Parallèlement à ces opérations de marché, Libreville poursuit des tractations nourries avec les services du Fonds monétaire international en vue de sceller un nouveau programme de référence, une démarche essentielle pour conforter la crédibilité de la trajectoire macroéconomique auprès des créanciers globaux et structurer durablement l'architecture financière du pays.


Asaba