Congo : La BAD recommande la réduction des exonérations fiscales aux entreprises
Une évaluation menée par la Banque Africaine de Développement met en évidence l'impact des faveurs fiscales qui absorbent plus de 15 % du PIB. Ces dernières engloutissent par ailleurs, environ un cinquième de la valeur du capital naturel national, chiffré à 126 000 milliards de FCFA.
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Les auditeurs préconisent la suppression pure et simple des incitations prévues par les conventions d'établissement, ciblant en priorité l'extraction d'hydrocarbures et l'exploitation agricole. La faible efficacité du système, caractérisée par un indice de rendement plafonné à 0,36, révèle un potentiel non collecté de 67 %, privant le Trésor public de près de 5 points de PIB en ressources supplémentaires.
Le manque à gagner fragilise l'exécution des investissements prioritaires de l'État. En 2025, les services de recouvrement ont comptabilisé 1 026,5 milliards de FCFA de recettes brutes, concrétisant une hausse modeste de 8,4 % sur un an. Dans le même intervalle, le montant des cadeaux fiscaux s'est envolé de 10,2 % pour atteindre 699 milliards de FCFA, représentant plus des deux tiers des sommes récoltées. Les largesses ministérielles du 9 juillet dernier, accordant des remises de pénalités allant jusqu'à 100 % à 23 groupes industriels parmi lesquels Saris-Congo, Siatt, les Grands Moulins de Pointe-Noire ou Brasco pour leur adhésion à la facturation électronique, accentuent la perte de substance budgétaire.
L'érosion des prélèvements étatiques complique la concrétisation des infrastructures nationales. Lors de l'exercice 2025, la mobilisation effective pour le Plan national de développement 2022-2026 s'est limitée à 27,57 % de l'enveloppe pluriannuelle fixée à 6 491,59 milliards de FCFA. Le ratio des recettes publiques, historiquement bloqué autour de 8 % du PIB en 2023, impose une révision rigoureuse de la politique d'incitation des investisseurs.
La suppression des niches fiscales injustifiées demeure la voie la plus sûre pour rétablir les équilibres macroéconomiques et dégager des marges de manœuvre financières autonomes. La réévaluation complète des dépenses fiscales permettra de conditionner chaque exonération à des contreparties mesurables en termes d'emplois locaux et de valeur ajoutée industrielle. L'assainissement de la politique budgétaire garantira l'équité devant l'impôt tout en renforçant la souveraineté financière du pays face aux bailleurs de fonds.
Ndjomo Carlos
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