Titres publics : Le Gabon ne mobilise que 66 milliards sur un objectif de 124 milliards FCFA
Les opérations financières de Libreville se heurtent à la prudence de la place monétaire de l'Afrique centrale. L'adjudication conduite le 22 juillet 2026 par l’administration financière du Gabon s'est soldée sur un taux de réalisation d'à peine 53,2 %.
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Cette opération traduit un rejet marqué des souscripteurs. En effet, sur huit tranches émises, seules trois ont trouvé acheteur, contraignant les autorités à annuler cinq lignes complètes faute de demande. Le principal apport provient d'une ligne d'Obligations du Trésor assimilables de 30 milliards de FCFA souscrite à 100,3 % sur une maturité de trois ans à 6 %, mais consentie avec une décote ramenant le prix d'achat entre 91 % et 93 % de la valeur nominale. En parallèle, deux émissions de Bons du Trésor de 13 semaines ont permis d'éponger respectivement 20 milliards et 16 milliards de FCFA aux taux de 6,4 % et 6 %.
L'échec constaté sur les tranches de deux et quatre ans met en lumière le désintérêt des souscripteurs pour les engagements de moyen terme non bonifiés. Une ligne obligataire de 20 milliards de FCFA proposée à 5,5 % n'a reçu aucun ordre, tandis qu'une offre de 5 milliards de FCFA s'est limitée à une unique proposition de 50 millions de FCFA, immédiatement rejetée par l'émetteur. La détérioration des conditions de marché s'inscrit dans un contexte d'engorgement global de la zone CEMAC, où l'encours total de la dette sur le marché monétaire atteint 10 020,5 milliards de FCFA à fin mai 2026, dont 3 104,3 milliards de FCFA portés par le Gabon.
La dégradation du taux moyen de couverture des adjudications sous-régionales, passé de 77,1 % en avril à 72,1 % en mai, s'accompagne d'une poussée du coût moyen des emprunts, qui bondit de 8,08 % à 9,73 %. La frilosité des syndicats bancaires s'accroît alors que les États de la sous-région affichent des intentions d'emprunt cumulées supérieures à 4 000 milliards de FCFA sur l'ensemble de l'exercice 2026. Les exigences accrues des souscripteurs imposent une révision des conditions de rémunération des futurs titres publics gabonais pour garantir la couverture des besoins de trésorerie de l'État.
Ndjomo Carlos
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