Ce retournement conjoncturel découle d'un rythme de progression des dépenses publiques nettement supérieur à celui des encaissements. Les charges globales de l'État ont en effet bondi de plus de 45 % pour s'établir à 528,4 milliards de FCFA, tandis que les ressources mobilisées ont progressé de près de 32 %, atteignant 495 milliards de FCFA.


Du côté des recettes, la dynamique haussière est portée par les régies de perception. Les recettes fiscales, englobant les impôts et les douanes qui représentent la moitié de l'enveloppe globale, se sont accrues de près de 29 % pour s'élever à 247,5 milliards de FCFA. Les revenus tirés de l'or noir ont également observé une embellie, progressant de 28,7 % pour s'établir à 118,4 milliards de FCFA, confirmant une diversification relative des ressources même si le secteur pétrolier demeure névralgique. En revanche, l'expansion des dépenses a été alimentée par la forte augmentation des charges d'investissement, qui ont atteint 193,8 milliards de FCFA, ainsi que par l'envolée des dépenses de transferts et la consolidation de la masse salariale.


Ce premier trimestre, exécuté à un rythme conforme aux trajectoires de la loi de finances initiale, interpelle toutefois les institutions multilatérales sur l'efficience de l'allocation budgétaire. Dans ses récentes analyses, la Banque africaine de développement (BAD) exhorte le Tchad à optimiser l'impact de ses dépenses sociales, notamment en renforçant les investissements dans l'éducation et la santé, tout en poursuivant l'élargissement de l'assiette fiscale pour atténuer la vulnérabilité macroéconomique face aux fluctuations des marchés pétroliers internationaux.


Asaba