Tabac : Vers une hausse de la taxation pour réduire 65 000 fumeurs à l'horizon 2028
Les travaux techniques conduits du 22 au 24 juillet 2026 à Mbankomo par les experts du ministère de la santé publique et du ministère des Finances mettent en évidence un niveau de taxation de 38,4 %, très en deçà du taux de 70 % préconisé par l’Organisation mondiale de la santé.
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L’utilisation de l'outil de simulation TaXSIM permet d'anticiper les effets d'un relèvement de la taxe spécifique, prévoyant le passage du tarif de 5 000 FCFA à 10 000 FCFA pour 1 000 tiges en 2027, relevant la pression fiscale globale à 52 %, puis un ajustement à 15 000 FCFA en 2028 pour porter le taux d'imposition à 65 %. L'application progressive des barèmes vise la résorption de 47 000 fumeurs en 2027 et de 65 000 fumeurs en 2028.
L'impératif de régulation répond à la croissance du nombre de consommateurs, dénombrés à 1,3 million en 2025, soit une progression de 200 000 individus sur un an. Les relevés de l'Institut national de la statistique indiquent une hausse des volumes d'importation de cigares et cigarettes de 19 % en volume et de 16,9 % en valeur au cours de l'exercice 2025, pour un total de 2 424 tonnes évalué à 14,145 milliards de FCFA. Les flux d'exportation de la filière enregistrent une hausse de 65,3 % en volume et de 65,5 % en valeur, totalisant 165 tonnes pour une contrepartie de 2,211 milliards de FCFA. La valeur des achats à l'étranger demeure toutefois 6,4 fois supérieure aux ventes extérieures, traduisant un déséquilibre commercial persistant.
L'instauration d'un barème d'accises unifié pour l'ensemble des marchandises, sans distinction entre productions locales et livraisons importées, cherche à s'aligner sur les normes internationales tout en encadrant les acteurs de la distribution. Le marché national reste dominé par la multinationale British American Tobacco, suivie du transformateur local Cameroon Tobacco Company, aux côtés d'intermédiaires commerciaux tels que Sodisni et Philip Morris International. La restructuration du cadre fiscal vise ainsi à renchérir le coût final du paquet pour freiner l’accès aux produits tabagiques, tout en alimentant les recettes publiques du Trésor.
BCN
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