L'objectif quantitatif représente un rebond de 1,4 point comparé aux performances enregistrées en 2025 et surpasse les 3,7 % projetés pour l'année 2026. L'accélération graduelle planifie un rythme d'expansion de 3,6 % en 2027, suivi d'une hausse à 4,8 % en 2028. La stratégie défendue par Louis Paul Motaze, ministre des Finances, repose sur une impulsion exclusive du secteur non pétrolier, dont la progression sectorielle devra s'établir à 4,3 % dès 2027 avant de se stabiliser à une moyenne de 4,5 % sur le triennat.

L'ancrage de la relance macroéconomique dépend de l'exécution d'investissements de grande envergure dans le domaine agropastoral pour concrétiser le Plan intégré d'import-substitution (Piisah). Le programme de souveraineté alimentaire, initié en 2024, requiert un financement de 1 500 milliards de Francs CFA. Le ministère de l'Économie réactive le projet d'aménagement de la Plaine centrale, une réserve foncière de 1,131 million d'hectares située le long de l'axe routier Batchenga-Ngaoundéré long de 584,5 kilomètres. La phase initiale prévoit l'exploitation rizicole de 400 000 hectares pour une enveloppe globale de 351 milliards de Francs CFA, associant des fonds publics à hauteur de 100 milliards de Francs CFA à un apport de 251 milliards de Francs CFA attendu du secteur privé. En parallèle, l'initiative Viva Bénoué ambitionne d'étendre les surfaces agricoles irriguées de 1 000 à 14 000 hectares dans la partie septentrionale du territoire.

Les ambitions de l'appareil d'État affichent un optimisme supérieur aux modélisations des bailleurs de fonds multilatéraux, qui pointent le retard structurel du pays face aux autres puissances économiques du continent. Les projections révisées du Fonds monétaire international (FMI) limitent la progression du Produit intérieur brut (PIB) à 3,2 % en 2027, tandis que la Banque mondiale anticipe 3,7 % pour la même période avant d'atteindre 3,9 % en 2029. La trajectoire camerounaise demeure en retrait vis-à-vis de la Côte d'Ivoire, économie comparable dont l'expansion devrait se situer à 6,5 % en 2027 et 7 % en 2028. Même au sein de l'espace communautaire d'Afrique centrale, la première puissance de la zone CEMAC se voit distancée par le Tchad, dont les prévisions atteignent 5,3 % à l'horizon 2028, éloignant Yaoundé de la cible originelle de 8 % inscrite dans la Stratégie nationale de développement (SND30).


Bernardo