Santé publique : prévenir vaut mieux que guérir...
Compter les morts ne suffit plus lorsque chaque dépérissement humain hypothèque un peu plus la force de travail d'un continent. En recensant plus de 10 millions de contaminations et un million de décès à travers le monde, la tuberculose continue de saigner silencieusement les économies en développement, l'Afrique encaissant à elle seule le quart de ce tribut macabre. Le constat d'échec du vétuste vaccin BCG, incapable de protéger durablement les adultes et les forces vives de nos nations, ne relève pas d'une simple contrariété médicale. Il met à nu l'impuissance structurelle de nos politiques face à des pathologies qui sapent à la racine la productivité nationale.
Ecouter l'article
Cliquez pour generer la version audio
S'en remettre à la fatalité des endémies en attendant béatement les largesses humanitaires internationales constitue une hérésie politique et financière. Lorsque les modélisations de l'Alliance du Vaccin annoncent pour 2029 l'arrivée de sérums de nouvelle génération capables d'épargner 7 millions de vies et de générer 135 milliards de dollars de retombées, elles rappellent une vérité implacable : la prévention sanitaire est l'investissement macroéconomique le plus rentable qui soit. Avec un besoin évalué à des dizaines de millions de doses annuelles, l'enjeu ne se résume pas à tendre la main pour recevoir des flacons, mais à bâtir une infrastructure logistique et industrielle capable d'absorber le choc sans fléchir.
Penser que nos États peuvent faire l'économie d'une anticipation rigoureuse et s'exonérer d'une stratégie d'acquisition souveraine relève du suicide économique. Entre la multiplication des essais cliniques menés sur le sol africain et les arbitrages budgétaires serrés entre divers candidats vaccins, la puissance publique doit rompre avec la gestion au jour le jour. Chaque franc investi dans la lutte contre ce fléau doit cesser d'être perçu comme une charge sociale pour devenir le socle d'un dividende productif mesurable.
Éradiquer ce fardeau sanitaire exige de l'administration un volontarisme de fer et une constance absolue dans la sanctuarisation des programmes de prévention. Il s'agit désormais d'imposer l'innovation médicale au cœur de nos priorités de développement. Pour s'affranchir durablement des crises, le Cameroun et ses partenaires africains doivent transformer la santé publique en un pilier inébranlable de leur souveraineté économique, digne, autonome et souveraine.
Recevez l'écho de l'économie dans cette nouvelle parution de votre bihebdomadaire économique Alpha Eco
Bonne lecture
EWC, DP
Articles similaires
Commentaires