La sécurité alimentaire dans l'étau de l'inflation
Il est des voyants clignotants que l'on ne saurait ignorer sans risquer de compromettre l'équilibre des nations. En affichant un indice à 133,3 points au mois d'août 2026, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) vient de confirmer ce que redoutaient les économies fragiles : les prix alimentaires mondiaux ont atteint leur plus haut niveau depuis fin 2022.
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Entre les soubresauts du marché des engrais, les griffes d'El Niño sur les récoltes asiatiques et latino-américaines, et l'enlisement des corridors de la mer Noire, le constat s'impose avec la force d'un couperet. La planète nourricière tangue à nouveau, emportant dans son sillage le sucre, les céréales et les produits laitiers vers des sommets préoccupants.
Subir la dictée des cours internationaux sans fortifier les productions locales constitue le piège mortel dans lequel s'épuisent nos pays en développement. Si les stocks mondiaux de céréales offrent encore un coussin de sécurité théorique, l'érosion de ce matelas sous l'effet conjugué des aléas climatiques et des tensions géopolitiques fragilise directement les importateurs nets. Lorsque le sucre bondit de près de douze pour cent en un seul mois et que la volaille ou le porc renchérissent de concert, c'est tout le pouvoir d'achat des ménages urbains et ruraux qui se trouve percuté de plein fouet, révélant la dangerosité d'une dépendance excessive aux marchés extérieurs.
Penser que nos économies africaines peuvent s'abriter durablement derrière des subventions conjoncturelles ou des importations de survie est une illusion géopolitique suicidaire. La flambée de l'inflation alimentaire mondiale ne constitue pas une simple péripétie statistique, mais le signal d'alarme ultime pour accélérer l'import-substitution. Chaque hausse des cours extérieurs doit sonner comme un impératif d'autonomie productive, contraignant nos États à transformer radicalement leurs filières agricoles intérieures pour ne plus dépendre des soubresauts d'un commerce international chaotique.
Isoler nos populations des chocs extérieurs exige de la puissance publique une audace stratégique inébranlable et un soutien massif aux producteurs locaux. Il convient désormais d'ériger la souveraineté alimentaire au rang de rempart absolu contre l'instabilité globale. Pour traverser ces turbulences, le Cameroun et ses voisins doivent convertir la menace de la faim et de la cherté de la vie en un formidable accélérateur d'indépendance agricole, digne et durable.
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EWC, DP
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