Travaux d'infrastructures : la traque les prestataires véreux.
Il est des abandons qui font plus de bruit par leur silence que par le vacarme des pelleteuses. En épinglant publiquement 43 prestataires locaux responsables de l'interruption de 71 projets à travers le pays, le ministère délégué à la présidence chargé des Marchés publics vient d'imposer la carte de la transparence que d'aucuns croyaient impossible.
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Lorsque des infrastructures scolaires et sanitaires de base, financées à hauteur de près de 2 milliards de FCFA dans les régions de l'Adamaoua, de l'Extrême-Nord et de l'Ouest, demeurent à l'état de squelettes de béton, le scandale dépasse la simple soustraction comptable : il consacre la prise en otage des populations les plus vulnérables.
Subir la loi d'entrepreneurs indélicats qui perçoivent des décaissements intégraux sans fournir le moindre effort, relève d'une anomalie institutionnelle intolérable. Entre des communes souvent démunies dans leur rôle de maîtres d'ouvrage et des adjudicataires, prompts à encaisser les avances sans honorer leurs engagements, la chaîne de la dépense publique souffre d'un déficit chronique de contrôle. Si les enquêtes de terrain révèlent parfois des retards de décaissement, elles exposent surtout un laxisme coupable où les fonds publics ont trop souvent servi à alimenter des circuits stériles au détriment de l'intérêt général.
Penser que l'administration devrait indéfiniment faire preuve de tolérance administrative et la désertion des chantiers sous prétexte de contraintes est illusoire. L'ultimatum de 21 jours notifié par Ibrahim Talba Malla aux structures défaillantes, constitue un premier coup à la fourmilière, mais l'urgence des résiliations sans appel et à des poursuites rigoureuses, s'impose plus que jamais. Chaque franc CFA injecté dans le budget de l'État doit trouver sa traduction concrète sur le terrain, sous peine de voir s'effondrer la crédibilité des politiques de décentralisation et d'investissement.
Éradiquer le fléau des chantiers inachevés exige de la puissance publique une constance inébranlable dans l'application des sanctions et une vigilance accrue dans l'attribution des marchés. Il convient désormais d'assainir durablement le fichier des prestataires et de lier chaque décaissement à des critères stricts de performance sur le terrain. Pour préserver l'efficacité de ses réformes, le Cameroun doit transformer la commande publique en un véritable levier d'infrastructures durables, garantissant que chaque projet initié devienne le socle d'une prospérité autonome, digne et souveraine.
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Bonne lecture !
EWC, DP
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