Pipeline Tchad-Cameroun : Le droit de transit génère 222,2 milliards de FCFA entre 2020 et 2025
Les documents de programmation budgétaire à moyen terme publiés par le ministère des Finances font état d'un cumul de 222,2 milliards de FCFA perçus par le Trésor public au titre du droit de transit du pétrole brut tchadien sur la période s'étalant de 2020 à 2025.
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La moyenne annuelle sur 6 exercices s'établit ainsi à 37 milliards de FCFA, marquant une progression soutenue des rentrées fiscales liées à l'acheminement du brut vers les marchés internationaux.
La performance budgétaire enregistrée sur la séquence 2020-2025 révèle un changement d'échelle par rapport à la phase initiale de mise en service. Au cours des 8 premières années d'exploitation consécutives au démarrage du pipeline le 3 octobre 2003, le Comité de pilotage et de suivi des pipelines comptabilisait 85,5 milliards de FCFA de recettes de transit, soit une moyenne annuelle de 10,7 milliards de FCFA. Le flux financier annuel récent se trouve ainsi multiplié par près de 3,5, dégageant un surplus de 136,7 milliards de FCFA par rapport au niveau d'encaissement cumulé de la première décennie.
L'accroissement des redevances résulte des révisions successives du tarif de passage, fixé initialement à 0,41 dollar par baril avant de grimper à 1,321 dollar par baril à la suite des ajustements négociés en 2013 puis en 2018. Alors qu'une nouvelle actualisation tarifaire est attendue depuis le 1er octobre 2023, l'infrastructure continue de générer des flux financiers réguliers : à la fin du mois de mai 2026, les redevances encaissées par l'État atteignent déjà 15,1 milliards de FCFA.
L'implication économique du pipeline dépasse le seul versement des redevances de passage. Durant la décennie 2004-2013, la Cameroon Oil Transportation Company déclarait un versement global de 200 milliards de FCFA dans les caisses publiques, une enveloppe agrégée incluant l'impôt sur les sociétés et diverses taxes professionnelles en sus de la redevance douanière. Bien que les paramètres de calcul intègrent la fluctuation des cours mondiaux du brut, les variations du volume extrait dans les champs tchadiens et les évolutions de parité de change entre le dollar et la monnaie commune, la stabilité des versements réguliers confirme le rôle structurant du corridor pétrolier pour le budget de l'État. La finalisation des négociations tarifaires suspendues demeure la variable clé pour optimiser les rentrées fiscales de la maîtrise d'ouvrage sur le reste de la décennie.
Nlend Flore
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