Conjoncture économique : Le regard du Gecam
Réuni le 10 septembre 2026 à Douala pour la 2e édition de la rentrée economique du patronat, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) a livré un diagnostic sans concession de la santé macroéconomique du pays.
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L'appareil productif du Cameroun évolue dans un climat de fortes tensions concurrentielles.
Intervenant devant un parterre de professionnels et d'acteurs institutionnels, le président du patronat, Célestin Tawamba, a mis le doigt sur les goulets d'étranglement qui fragilisent l'activité industrielle, au premier rang desquels figurent la précarité de l'offre électrique et la dégradation persistante des corridors de transport sous-régionaux.
La question énergétique demeure l'un des talons d'Achille majeurs de la compétitivité industrielle. Selon les données relayées par l'organisation patronale, près de deux tiers des structures formelles sont contraintes de recourir à l'autoproduction par groupes électrogènes pour préserver leur continuité opérationnelle. Ce palliatif engendre des coûts de revient unitaires oscillant entre 200 et 350 FCFA le kilowattheure, soit un différentiel exorbitant par rapport aux grilles tarifaires industrielles conventionnelles. Si la mise en service de nouvelles infrastructures hydroélectriques a certes élargi le potentiel global, l'insuffisance des maillages de transport et de distribution prive les unités de production des retombées escomptées, maintenant la pression sur les marges des entreprises.
À cette contrainte s'ajoute l'asphyxie logistique qui pèse sur les flux de marchandises. Les défaillances du réseau ferroviaire et l'état des axes routiers majeurs alimentent des surcoûts de transport de plus en plus lourds vers les marchés intérieurs et frontaliers. Un tel climat d'incertitude opérationnelle se double d'une contraction drastique de la commande publique.
Alors que la loi de finances affichait des ambitions marquées pour le soutien aux infrastructures, les données de l'exécutif indiquent une chute abrupte des décaissements d'investissement au premier trimestre, traduisant le décalage persistant entre les objectifs de transformation structurelle et la réalité des dynamiques budgétaires sur le terrain.
Asaba
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