Le taux cible marque un saut de deux points par rapport aux prévisions de 5,3 % retenues pour l'année 2026 et aux résultats de 5,1 % enregistrés en 2025. La dynamique s'appuie sur la mise en œuvre du Plan national de développement, doté d'une enveloppe de 18 000 milliards de FCFA, dont les promesses de financement obtenues auprès des partenaires internationaux couvrent déjà plus de la moitié du montant global.

Les projections gouvernementales dépassent les estimations des partenaires financiers de N'Djamena. La Banque africaine de développement anticipe un taux de 3,5 % en 2027 et repousse la perspective des 7 % à l'horizon 2031. La Banque mondiale retient une prévision de 5,3 % en 2027 après 5,2 % en 2026, tandis que le Fonds monétaire international envisage un ralentissement à 4,9 % en 2027 contre 5,2 % en 2026. Malgré ces divergences de cadrage, l'Afrique centrale classe l'économie tchadienne en tête de la zone Cemac pour le rythme de progression des activités.

L'atteinte des objectifs se heurte à des contraintes structurelles lourdes. Le secteur bancaire souffre d'un déficit de fonds propres, avec environ 40 % des établissements incapables de satisfaire au seuil légal de 10 milliards de FCFA de capital minimum en avril 2024, maintenant les taux d'intérêt autour de 17 %. Sur le front des échanges extérieurs, l'excédent de la balance commerciale est tombé à 273,9 milliards de FCFA en 2025 contre 597,7 milliards de FCFA en 2024, soit un effondrement de 54,2 %. La relance repose donc sur la hausse des rendements agricoles et l'industrialisation des filières d'élevage pour inverser la trajectoire du commerce extérieur.


Bernardo