Au terme d'une session de travail menée au sommet de l'État par le vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue, le feu vert a été officiellement donné pour entamer des négociations approfondies avec l'entreprise chinoise Beijing Weineng (BWI).


Cette initiative vise à canaliser une enveloppe d'investissement évaluée à 150 millions de dollars, soit près de 90 milliards de FCFA, pour ériger et exploiter des parcs solaires photovoltaïques sur le territoire national. L'énergie ainsi générée aura vocation à être rachetée par la société publique de distribution, la SEGESA, afin d'injecter des mégawatts verts indispensables à la stabilisation du réseau.

Cette ouverture vers le solaire répond à une urgence structurelle. Depuis plus d'une décennie, la capacité installée du pays stagne aux alentours de 349 mégawatts, laissant l'appareil productif et les populations tributaires à près de 68 % de centrales fonctionnant au gaz naturel, adossées à une contribution hydroélectrique d'environ 31 %. 


L'obsolescence partielle de ces installations, conjuguée à des épisodes de pannes sur les turbines, plonge régulièrement la capitale Malabo dans des coupures d'électricité pénalisantes pour l'activité économique. Si le taux de desserte urbaine affiche officiellement une large couverture, les disparités territoriales et la fragilité des infrastructures appellent à une refonte de la stratégie d'approvisionnement, d'autant que les acquisitions d'appoint auprès des pays voisins s'avèrent marginales.

Pour l'investisseur asiatique, traditionnellement positionné sur d'autres segments industriels, ce positionnement en terre CEMAC marque une incursion stratégique dans les infrastructures durables. Les services gouvernementaux ont reçu instruction de baliser rapidement le cadre contractuel incluant la localisation des sites, les grilles tarifaires au kilowatt-heure et les garanties d'achat  avec l'ambition de sceller l'accord avant la clôture de l'exercice. 


À travers ce projet pionnier, Malabo entend non seulement juguler les délestages endémiques, mais aussi amorcer la diversification de son modèle énergétique au-delà de ses rentes gazières traditionnelles.


Nlend Flore