Le continent africain porte une part disproportionnée de ce fardeau sanitaire, représentant à lui seul près de 25 % des nouveaux cas recensés, soit environ 2,7 millions d'individus. Malgré des avancées notables matérialisées entre 2015 et 2024 par un recul de 28 % de l'incidence et une baisse de 46 % de la mortalité dans la région, les progrès enregistrés demeurent insuffisants pour satisfaire les exigences des agendas sanitaires internationaux. Cette situation s'explique en grande partie par les limites structurelles du vaccin historique, le BCG. Mis en place il y a un siècle, ce dernier protège essentiellement les nourrissons et les jeunes enfants contre les formes graves, mais offre une protection insuffisante contre la tuberculose pulmonaire chez les adolescents et les adultes, cibles privilégiées de la transmission.

Pour répondre à cette urgence épidémiologique, l'Alliance du Vaccin (Gavi) coordonne de nouvelles analyses stratégiques tablant sur l'arrivée imminente de vaccins de nouvelle génération à compter de 2029. Les projections modélisées indiquent que leur déploiement progressif au sein des pays à revenu faible et intermédiaire permettrait d'épargner jusqu'à 7,3 millions de vies entre 2030 et 2050, tout en générant des retombées économiques évaluées à 135 milliards de dollars. 


Afin de transformer cet espoir sanitaire en réalité opérationnelle et d'éviter les ruptures d'approvisionnement, Gavi articule son action autour de trois axes cardinaux : la sécurisation des volumes et des prix, la préparation logistique des programmes nationaux de vaccination, ainsi que le soutien à une production industrielle diversifiée et concurrentielle. Les besoins de ces marchés sont estimés à une demande moyenne de 86 millions de schémas vaccinaux par an, avec des pics d'absorption prononcés dans les zones de forte endémie au cours des premières années de commercialisation.


Toutefois, la matérialisation de ces projections sanitaires repose sur des hypothèses épidémiologiques rigoureuses, telles qu'une efficacité estimée à 50 % assortie d'un déclin progressif de la protection décennale. Actuellement, la recherche clinique progresse de manière soutenue : une revue publiée en 2026 dénombre dix-huit candidats vaccins en développement clinique, dont six parvenus au stade crucial des essais de phase 3 sur plusieurs milliers de volontaires. Parmi eux, le candidat M72/AS01E a démontré une efficacité de l'ordre de 50 % sur une période de trois ans chez des adultes déjà porteurs de la bactérie, tandis que le vaccin MTBVAC fait l'objet d'essais cliniques avancés sur des nouveau-nés et des cohortes d'adolescents et d'adultes dans plusieurs pays africains, notamment en Afrique du Sud, au Sénégal, à Madagascar, au Kenya et en Tanzanie. Les autorités sanitaires devront ainsi arbitrer entre ces différentes options thérapeutiques en fonction de critères précis, incluant l'efficacité, la durée de la protection, le coût global et la compatibilité avec les dispositifs préventifs existants, qui ont déjà permis de placer plus de 5 millions de personnes à haut risque sous traitement préventif court en 2024.


Nlend Flore