Si la réaffirmation des principes d'intégration demeure un exercice rituel pour les chancelleries de la sous-région, le passage des intentions politiques à la réalité des échanges économiques continue d'achopper sur des rigidités structurelles. L'Afrique centrale demeure l'un des sous-ensembles du continent où le commerce intracommunautaire affiche les taux les plus faibles, illustrant le fossé entre les déclarations de principe et le fonctionnement effectif des marchés.

La question de la mobilité des personnes, des marchandises et des capitaux se heurte à des barrières non tarifaires persistantes et à des considérations sécuritaires souvent prédominantes. Dans un contexte où les tracasseries tracées aux frontières terrestres et la prolifération des points de contrôle entravent la fluidité des corridors, le discours sur l'attractivité des investissements se trouve affaibli. Pour un pays pivot comme le Cameroun, qui constitue la principale matrice d'approvisionnement en produits agricoles et de première nécessité pour plusieurs de ses voisins, ces dysfonctionnements représentent un manque à gagner fiscal et commercial significatif, tout en maintenant les coûts de transport à des niveaux artificiellement élevés.

Au-delà du plaidoyer institutionnel, la véritable transformation de l'espace CEEAC exige une harmonisation concrète des politiques douanières et l'alignement des réglementations nationales. L'absence d'infrastructures de connexion transfrontalières adéquates et le manque de volonté politique de certains États membres à appliquer rigoureusement les actes communautaires constituent les véritables freins à l'émergence d'un marché unifié. Sans une levée définitive des entraves réglementaires et une sécurisation concertée des axes de transit, les velléités de dynamisation régionale risquent de demeurer des positions de principe déconnectées des attentes du tissu économique sous-régional.


La Rédaction