Le montant accuse un écart négatif de 8,2 milliards de Francs CFA par rapport aux prévisions initiales, fixées à 205,8 milliards pour la période dans la feuille de route du ministère des Finances. Bien que l'administration fiscale enregistre un taux d'exécution honorable de 96 % de ses prévisions trimestrielles, le résultat marque une régression physique de 2,9 % par rapport aux 203,5 milliards de Francs CFA perçus lors de la même période de l'exercice précédent, traduisant un ralentissement de l'assiette taxable locale.

Le fléchissement de la collecte interne se trouve heureusement neutralisé par le dynamisme de l'activité douanière aux frontières du pays. La taxe sur la valeur ajoutée perçue sur les importations de marchandises a généré 119,1 milliards de Francs CFA de recettes entre janvier et mars, affichant une progression de 5,8 % par rapport aux 112,6 milliards de Francs CFA enregistrés un an plus tôt. La consolidation des deux compartiments de l'impôt indirect permet de stabiliser l'enveloppe globale à 316,8 milliards de Francs CFA sur le trimestre, contre 316,1 milliards au premier trimestre de l'année dernière. L'évolution écarte l'hypothèse d'une baisse globale de la consommation des ménages, orientant plutôt les analystes vers des décalages de paiement ou l'impact des exonérations fiscales ciblées à l'intérieur du territoire national.

La maîtrise de la taxe indirecte  fixée à un taux général de 19,25 % au Cameroun  demeure déterminante pour l'équilibre budgétaire global. La loi de finances en cours d'exécution prescrit en effet un objectif annuel global de 1 282,1 milliards de Francs CFA de recettes de TVA intérieure à la charge de la direction générale des impôts. Compte tenu de la saisonnalité des déclarations des entreprises et du calendrier économique général, le déficit initial de 8,2 milliards de Francs CFA s'avère gérable, mais impose un resserrement des contrôles douaniers et des procédures de recouvrement pour garantir l'atteinte des objectifs de la fin de l'exercice.


Ndjomo Carlos