L'Égypte s'impose en tête des nouveaux fournisseurs du continent avec 609 000 tonnes acheminées entre avril et juin, suivie par l'Algérie avec 245 000 tonnes et le Nigeria avec 244 000 tonnes. Le contournement des routes maritimes du Golfe Persique préserve l'activité des 33 usines d'assemblage de la péninsule indienne, incapables de combler le déficit de 20 % de la demande nationale en dépit d'une capacité locale de 26,9 millions de tonnes. L'envolée des coûts de transport maritime porte le prix du sac de 45 kilogrammes de 30 à 45 dollars, incitant le ministère des Engrais à porter la ligne de subventions publiques de 18,6 à 37,1 milliards de dollars pour stabiliser les coûts de production des agriculteurs.

La montée en puissance des expéditions maritimes depuis les ports d'Alexandrie et de Port Harcourt offre des débouchés solvables aux géants de la chimie africaine. La signature de contrats de livraison à long terme consolide l'équilibre comptable des complexes pétrochimiques du continent. L'entrée de nouveaux exportateurs sur le marché asiatique réduit la volatilité des cours mondiaux de l'azote.

L'accès privilégié à un marché d'importation de 19 millions de tonnes d'urée stimule les investissements dans les capacités de production d'engrais en Afrique. L'essor des échanges commerciaux transocéaniques valorise les gisements de gaz naturel servant de matière première à la fabrication des intrants agricoles. L'expansion du secteur agrochimique continental soutient un marché régional évalué à 12,21 milliards de dollars à destination des exploitations agricoles locales.


Bernardo