L'option politique, présentée sous le prisme de la solidarité continentale, vise à fluidifier les liaisons transfrontalières et à dynamiser les échanges au sein d'un espace économique souvent cloisonné. L'annonce s'inscrit dans un mouvement de décloisonnement douanier et migratoire global, modifiant les conditions de voyage pour les ressortissants africains.

L'initiative de N'Djaména accélère une mutation déjà observée dans plusieurs régions africaines. Jusqu'alors, seuls cinq pays, à savoir le Bénin, la Gambie, le Rwanda, les Seychelles et le Ghana, garantissaient un accès totalement libre de droit aux citoyens africains, rejoints par le Kenya sous certaines réserves sécuritaires. La décision du Tchad fait écho à la résolution similaire adoptée en mai dernier par la République du Congo sous l'impulsion du président Denis Sassou Nguesso, fixant également l'échéance de gratuité au 1er janvier 2027. Le ralliement des deux capitales d'Afrique centrale portera ainsi à une dizaine le nombre de nations garantissant une exemption totale de visa sur le continent, une évolution qui soutient les ambitions de l'Union africaine.

Bien que l'orientation politique globale soit validée, les administrations douanières et sécuritaires tchadiennes doivent encore définir les modalités pratiques d'application de la directive. Les critères liés à la durée maximale des séjours autorisés, les formalités d'enregistrement requises à l'arrivée et les protocoles de surveillance aux frontières terrestres et aéroportuaires restent à préciser. La réussite de l'ouverture territoriale dépendra de la clarté des règles édictées pour rassurer les partenaires régionaux, tout en garantissant la sécurité nationale dans un contexte sahélien complexe.


Nlend Flore