Les variétés végétales, développées par l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad), seront ensemencées sur une surface globale de 7 500 hectares. Le plan vise à générer à terme un stock de 70 000 tonnes de semences certifiées, prêtes à être redistribuées aux exploitants familiaux. L'initiative s'inscrit dans les lignes directrices du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), dont le but est d'accroître l'offre vivrière locale et de réduire la dépendance commerciale de la nation vis-à-vis des marchés extérieurs.

La stratégie de multiplication cible des denrées de grande consommation, notamment le riz, le maïs et le soja, au cœur de la nutrition locale. Les trois provinces septentrionales représentent les principaux greniers à céréales du pays, mais les rendements stagnent en raison de la faible pénétration des engrais, de la précarité du matériel agraire et d'une pluviométrie irrégulière. Les autorités espèrent que l'accès à un matériel végétal résistant permettra d'augmenter les volumes récoltés à l'hectare, de sécuriser les revenus des ruraux et de stabiliser l'approvisionnement des marchés urbains de la zone soudano-sahélienne.

Le lancement de la campagne de distribution survient alors que le septentrion fait face à une crise humanitaire et nutritionnelle latente, exacerbée par le démarrage tardif de la saison des pluies le 18 juin 2026. Les populations locales subissent les contrecoups de l'insécurité frontalière, des déplacements forcés de communautés et de la pauvreté structurelle. Les inondations cycliques et les sécheresses à répétition fragilisent continuellement les bilans céréaliers annuels. La réussite de l'intervention étatique dépendra de la rigueur du processus d’homologation des futures récoltes et de la mise en place d'un réseau de distribution efficace, garantissant que les semences certifiées parviennent à temps aux petits producteurs avant les prochaines semailles.


BCN