Le projet prévoit une levée de fonds fixée à 5 milliards de dollars, adossée à une valorisation globale d'environ 40 milliards de dollars. La validation du dossier de présentation par la commission des opérations boursières du Nigeria conditionne la diffusion du prospectus d'information en septembre, fixant la clôture des souscriptions en octobre. L'entrée en Bourse représente plus de 4 % de la capitalisation totale de la Bourse de Lagos, estimée à 116 milliards de dollars, surpassant largement les 876 millions de dollars levés par la filiale de MTN en 2019. L'infrastructure de traitement, d'une valeur de 20 milliards de dollars, transforme 650 000 barils de pétrole brut par jour, approvisionnant les marchés du Ghana, du Togo, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire et de la Tanzanie, alors que la compagnie nationale NNPC conserve une participation de 7 %.

L'absence d'interconnexion technique directe entre les Bourses régionales empêche la réalisation d'une cotation simultanée à Nairobi ou Johannesburg. Les fonds d'investissement régionaux, notamment au Kenya où l'appétit des caisses de retraite atteint 500 millions de dollars, devront utiliser des certificats de dépôt pour acquérir des titres indirects. La structuration rapide de mécanismes financiers de substitution s'impose pour permettre aux souscripteurs de la zone CEMAC et de l'Afrique de l'Est de participer à l'émission.

La mobilisation des capitaux régionaux confirme la maturité des marchés financiers subsahariens. La cotation d'un géant industriel privé dynamise les échanges d'actions sur la place de Lagos. L'accès des épargnants locaux au capital de la raffinerie redistribue la valeur générée par la transformation pétrolière locale.


Nlend Flore