L'initiative s'inscrit dans un plan continental de 7 milliards de dollars visant à porter la production globale du groupe à 9 millions de tonnes d'urée par an d'ici 2028, en s'appuyant sur le complexe industriel de Lekki d'une capacité actuelle de 3 millions de tonnes. La démarche vise à répondre aux besoins d'un pays dont les achats d'engrais à l'étranger ont atteint 44,4 milliards de FCFA au premier semestre 2025  marquant une hausse de 10,4 % par rapport aux 40,2 milliards de FCFA investis sur la même période en 2024, après avoir mobilisé une enveloppe cumulée de 173,9 milliards de FCFA entre 2021 et 2023 pour l'acquisition de 228 326 tonnes de nutriments de sols.

L'offensive du groupe nigérian intervient alors que le gouvernement camerounais cherche à structurer une offre industrielle locale évaluée à 500 milliards de FCFA dans le cadre du Document de programmation économique 2026-2028. Malgré la mise en service à Douala d'une unité privée de 120 000 tonnes extensibles à 150 000 tonnes, capable d'absorber la moitié de la consommation nationale, l'arrivée d'un géant africain offre une option d'approvisionnement direct pour les filières cacao, coton et bananière.

L'implantation d'unités de mélange et de distribution de fertilisants renforcera la souveraineté alimentaire de la sous-région. L'accès à des engrais azotés à coûts compétitifs augmentera les rendements à l'hectare des coopératives agricoles régionales. L'accroissement de la présence industrielle étrangère stimulera la concurrence sur le marché des intrants.


Asaba