Trois ans après la campagne d'août 2023, le ministère de la Planification et de la Prospective prépare les outils d'enquête durant la période juillet-août afin d'assainir les listes d'attribution. L'intervention vise à éliminer les erreurs d'inclusion, réintégrer les foyers indûment exclus et fonder la distribution des secours publics sur des indicateurs socio-économiques fiables.

La révision des critères d'éligibilité s'impose face à l'ampleur des vulnérabilités qui frappent la population. Les évaluations démographiques établies par la Banque africaine de développement dénombrent 2,5 millions d'habitants au Gabon, pays où le chômage frappe 20,1 % de la population active en 2024, atteignant 36 % chez les jeunes et 28,7 % chez les femmes. Malgré une prévision de progression du produit intérieur brut limitée à une moyenne de 2,4 % sur la période 2025-2027, les analyses de la Banque mondiale prévoient une réduction modérée du taux de pauvreté sous le seuil de 6,85 dollars par jour, glissant de 37,8 % en 2025 à 35,8 % en 2027. Cette trajectoire laisse néanmoins 970 000 personnes, soit plus d'un tiers de la population nationale, dans un dénuement matériel persistant au terme de l'échéance.

Le redéploiement des secours étatiques vise ainsi à maximiser l'efficience des transferts monétaires et des couvertures de santé publiques. En redéfinissant le statut légal de « Gabonais économiquement faible » à partir de données de terrain actualisées, les autorités entendent rationaliser l'utilisation des ressources budgétaires. La mise à jour des registres publics permettra de concentrer l'effort financier sur les poches de pauvreté urbaines et rurales les plus urgentes, garantissant une meilleure protection aux couches sociales vulnérables face au renchérissement du coût de la vie.


Nlend Flore