Les analyses menées par la Caisse autonome d’amortissement mettent toutefois en lumière la nécessité d'incorporer des charges sous-estimées dans les bilans officiels. Les travaux menés en concertation avec le Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale révèlent 121,2 milliards de FCFA d'obligations accumulées entre 2020 et 2025 par les collectivités territoriales décentralisées, surpassant le montant de 25 milliards de FCFA initialement enregistré. L'intégration administrative de ces créances doit intervenir avant décembre 2026.

Le traitement des engagements hors bilan concerne également le secteur d'État et les partenariats d'infrastructures. L'enveloppe comptabilisée pour les entreprises publiques, actuellement fixée à 923 milliards de FCFA, fait l'objet d'une révision visant à inclure le passif d'environ 800 milliards de FCFA rattaché à la Société camerounaise d'électricité, ancienne entité Eneo. En parallèle, l’inventaire des grands programmes industriels développés avec des investisseurs privés recense 4 895 milliards de FCFA d'engagements, somme appelée à croître avec la validation des évaluations de la future raffinerie de la SNH à Kribi, estimée à 540 milliards de FCFA, et de la centrale électrique de 300 MW du Port autonome de Douala, évaluée à 626 milliards de FCFA.

La structure globale des créances demeure contrôlée à 93,9 % par l'administration centrale, les bailleurs extérieurs détenant 64,5 % de la dette directe. Le Groupe de la Banque mondiale conserve la position de premier créancier multilatéral devant la Banque africaine de développement et le Fonds monétaire international, tandis que la Chine demeure le principal partenaire bilatéral de l’État. La formalisation de ces charges additionnelles permettra d'offrir une visibilité exhaustive sur les engagements financiers du Cameroun.


BCN