Ce modèle opérationnel tranche avec celui des institutions bancaires traditionnelles, dont l'offre connectée s'appuie à 70 % sur des guichets numériques. Les entreprises de la fintech présentent une structuration plus hybride, combinant les agents de proximité (13 %), les guichets automatiques (9 %) et les points de service numériques (7 %). À l'inverse, les compagnies d'assurance et les microfinances affichent une présence marginale, cantonnée à des guichets digitaux individuels.


Malgré cette capillarité des réseaux de paiement, le taux d'utilisation réelle par les clients montre des marges de progression importantes. L'étude du CNEF révèle que seulement 30 % des prestataires financiers constatent que plus de la moitié de leur clientèle recourt régulièrement aux canaux numériques. Plus d'un tiers des acteurs enregistrent même un taux d'adoption inférieur à 25 %. Seules les fintechs parviennent à inverser la tendance, puisque 61,5 % d'entre elles déclarent que plus de trois quarts de leurs clients sont actifs sur le plan numérique.


Pour corriger ces disparités et élargir l'inclusion, l'adaptation technique devient une priorité. Le rapport note que 85 % des opérateurs proposent désormais des solutions optimisées pour les smartphones, tandis que 62,5 % intègrent des interfaces multilingues ou des options locales. Ces aménagements ciblent principalement la population des 25 à 40 ans, qui constitue la majorité absolue des usagers numériques des fintechs et des structures de paiement. Le grand défi reste désormais l'intégration des populations rurales, des jeunes de moins de 25 ans et des femmes, dont la représentation demeure encore minoritaire sur ces plateformes technologiques.


Bernardo