Le secteur des hydrocarbures se retrouve en première ligne de cette surchauffe avec une envolée projetée de 24 %. Le détroit d’Ormuz, artère vitale où transite plus du tiers du brut mondial, cristallise toutes les craintes. Une réduction de l'offre, estimée à environ 10 millions de barils par jour au plus fort de la crise, a généré un choc sans précédent. Dans ce contexte, le baril de Brent devrait se négocier en moyenne autour de 86 $ cette année, contre 69 $ l'an dernier. Le gaz naturel européen suit cette trajectoire avec une hausse attendue de 25 %, conséquence d'une lutte acharnée pour les cargaisons de GNL disponibles.


Parallèlement, le compartiment extractif entre dans un cycle de valorisation historique. La demande exponentielle liée à la transition écologique  notamment pour le développement des centres de données et la fabrication de véhicules électriques,  propulse les métaux industriels vers des sommets. Le cuivre pourrait atteindre le seuil des 12 000 USD la tonne, tandis que l'aluminium et le nickel enregistrent des progressions à deux chiffres. Cette dynamique est amplifiée par une ruée vers les valeurs refuges : l'or devrait établir un record inédit à 4 700 USD l'once, soutenu par une instabilité géopolitique qui encourage la thésaurisation sécuritaire.


Malgré la cherté des intrants et de l'énergie, le segment alimentaire affiche une stabilité relative avec une hausse contenue à 2 %. La robustesse des stocks de céréales constitués avant le début des hostilités permet de limiter la contagion aux denrées de base. Toutefois, les experts soulignent que ces prévisions demeurent fragiles. Si les perturbations logistiques devaient s'éterniser, le pétrole pourrait franchir la barre des 100 $, entraînant une révision à la hausse de l'ensemble des indices de prix. La solidité de la croissance mondiale dépend désormais de la capacité des marchés à absorber ces chocs de prix sans précédent.


Bernardo