Cemac : La crise du scanning au Port de Douala a entraîné d'importants surcoûts logistiques
La crise du scanning au Port de Douala a provoqué d'importants surcoûts logistiques, allongeant les délais d'attente et renchérissant le coût du passage portuaire. Cela a eu un impact significatif sur l'inflation régionale, qui reste élevée malgré une légère baisse. Les ruptures d'approvisionnement portuaires accentuent les pressions sur les prix de détail.
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Le conflit opposant les prestataires SGS et Transatlantic a provoqué un arrêt total du scanning des conteneurs pendant un mois et demi, allongeant les délais d'attente et renchérissant le coût du passage portuaire pour les marchandises en transit vers le Cameroun, le Tchad et la République centrafricaine. Le blocage logistique s'est mué en un prélèvement invisible sur le panier de la ménagère, modérant le rythme de décélération de l'inflation régionale, qui s'est néanmoins établie à 1,4 % en mars, contre 4 % enregistrés douze mois auparavant.
La résilience de la demande de consommation sur le marché de la CEMAC accentue l'impact des ruptures d'approvisionnement portuaires sur les prix de détail. Les campagnes de recrutement de fonctionnaires menées par les administrations publiques, associées aux gains financiers issus des ventes de cacao au Cameroun et de l’extraction aurifère au Tchad et en République centrafricaine, soutiennent le pouvoir d'achat global des ménages. L'élan de la consommation privée se heurte à l'insuffisance ponctuelle des stocks de produits manufacturés importés. La baisse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées de base n'a donc pas produit l'intégralité des effets attendus dans l'hinterland, illustrant la dépendance des pays enclavés vis-à-vis du bon fonctionnement du corridor routier reliant Douala à N'Djaména et Bangui.
Le ciblage d'une cible inflationniste moyenne de 2,4 % pour l’exercice en cours reste suspendu à la stabilité géopolitique globale et à la maîtrise des facteurs de coûts régionaux. La remontée du naira nigérian accroît le coût des achats de produits pétroliers, d'intrants agricoles et de lubrifiants pour les marchés frontaliers du Nord-Cameroun et du Tchad. De plus, les tensions persistantes au Moyen-Orient menacent d'élever les tarifs du fret maritime international et d'alourdir le coût budgétaire des subventions aux carburants pour les finances des pays membres. Pour consolider la trajectoire descendante des prix (projetée à 3 % en 2027 puis à 2,7 % en 2028), les dirigeants de la zone d'émission devront concilier la fluidité physique des infrastructures douanières portuaires et la gestion rigoureuse des équilibres macroéconomiques.
Asaba
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