Bois : Le durcissement fiscal fait chuter les droits de sortie de 7,9 milliards de FCFA en 2025
La taxe de sortie des grumes passe à 75%, entraînant un effondrement des volumes taxables. Les exportations de grumes et de sciages fléchissent respectivement de 26,5% et 14,9%. Le secteur bois accuse un déficit global de 32,07 milliards de FCFA.
Ecouter l'article
Cliquez pour generer la version audio
La contreperformance sectorielle provient de la loi de finances 2024, qui a propulsé la taxe de sortie des grumes à 75 % de la valeur FOB, contre 60 % antérieurement. Le rééquilibrage douanier induit un effet paradoxal : le renchérissement réglementaire réduit drastiquement l'attractivité de la filière forestière traditionnelle, entraînant un effondrement des volumes taxables que la hausse du taux ne parvient plus à combler.
L’impact sur le commerce extérieur se traduit par une baisse globale des flux de marchandises non transformées. Les volumes de grumes acheminés hors des frontières ont chuté à 349 611 mètres cubes en 2025, contre 475 401 mètres cubes un an plus tôt, soit un repli de 26,5 %. Les rentrées de devises correspondantes ont reculé de 17,7 %, se stabilisant à 39,02 milliards de Francs CFA. La situation s'avère doublement complexe puisque la première transformation ne compense pas le vide budgétaire : les exportations de sciages ont elles aussi fléchi de 14,9 % pour s'établir à 762 007 mètres cubes, provoquant une perte de valeur de 22,62 milliards de Francs CFA. L'ensemble de l'activité bois affiche ainsi un déficit global de 32,07 milliards de Francs CFA sur douze mois.
L'échéance de l'interdiction totale des exportations de grumes, fixée au 1er janvier 2028 à l'échelle de la zone d'Afrique centrale, contraint les exploitants à modifier leur modèle économique. L'appareil industriel national montre des signes de mutation asymétrique. Si les segments à forte valeur ajoutée comme les contreplaqués et les bois plaqués enregistrent une progression de 34,1 % en volume, leur poids demeure insuffisant pour redresser la balance commerciale. Les pouvoirs publics prévoient de déployer des incitations pour l'acquisition de technologies de troisième transformation et d'imposer des quotas de mobilier local dans la commande publique pour stimuler la demande intérieure avant l'ouverture des marchés de la zone de libre-échange continentale.
Nlend Flore
Commentaires