Agriculture : Les recettes des exportations du Cameroun chutent de 30 % au premier trimestre 2026
Le retournement défavorable des cours mondiaux des matières premières telles que le caoutchouc, la cacao, le café, pèse lourdement sur les rentrées de devises du pays, en dépit d'une résistance observée sur les segments du coton et de la banane.
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En effet, le reflux des cours internationaux et le ralentissement de la demande mondiale compriment la valeur des expéditions agricoles au cours du premier trimestre 2026. Les statistiques consolidées par le Comité national économique et financier font état d'une contraction de près de 30 % des recettes tirées des principaux produits de rente par rapport à la même période sur l'exercice précédent. Le cacao, moteur traditionnel des rentrées de devises, essuie le choc financier le plus violent avec une baisse de 37,7 % des ventes, générant 199,3 milliards de FCFA contre des niveaux records enregistrés au terme de la campagne 2024/2025. Le repli découle de l'effondrement des prix mondiaux de la fève, passés d'un sommet d'environ 13 000 dollars la tonne à près de 4 550 dollars, soit un ajustement à la baisse de 65 % qui neutralise les gains d'entraînement de la production nationale fixée à 309 518 tonnes.
L'érosion des marges touche également les filières secondaires, à l'instar du caoutchouc dont les revenus reculent de 16,7 % à 10,3 milliards de FCFA, et du café qui enregistre un repli de 17,6 % pour des rentrées de 4,1 milliards de FCFA. La dégradation des valeurs d'expédition reflète la baisse des cours mondiaux, la fève robusta glissant de 6,2 dollars à 3,9 dollars le kilogramme (-36 %) et l'arabica tombant de 9,2 dollars à 7,6 dollars le kilogramme (-17,4 %). En revanche, le coton brut réalise un bond de 57,5 % pour atteindre 21,1 milliards de FCFA, tiré par un effet de base favorable malgré une récolte de coton-graine contractée de 27,6 % à 284 613 tonnes. De même, la banane confirme son redressement grâce à une hausse de 2,8 % des prix internationaux et un volume expédié de 74 589 tonnes (+29 %), procurant 23,3 milliards de FCFA de recettes (+28 %), sans toutefois compenser le déficit global accumulé par la filière cacaoyère.
Nlend Flore
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