Afrique : L'intelligence artificielle impliquée dans 55 % des cybercrimes
Une évaluation internationale de la sécurité numérique publiée en juin 2026 par INTERPOL auprès de 36 gouvernements partenaires, indique que 55 % des infractions virtuelles enregistrées durant l'exercice 2025 intègrent l'usage d'outils d'intelligence artificielle, la pratique devenant régulière dans 8 % des dossiers d'instruction.
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L'accès banalisé aux modèles génératifs permet à des délinquants sans bagage informatique approfondi de concevoir des campagnes d'arnaque ciblées. Les préjudices économiques directs infligés aux entreprises et aux particuliers africains dépassent le seuil de 5 milliards de dollars en 2025, la facture financière globale liée aux fraudes ayant bondi de 192 millions de dollars à 484 millions de dollars pour un total de 87 000 victimes répertoriées.
L'usage des hypertrucages visuels constitue l'outil de prédilection des fraudeurs. Entre la moitié et la fin de l'année 2024, le volume d'incidents basés sur les falsifications vidéo a été multiplié par 7 sur les marchés régionaux. En Ouganda, la modification d'image d'une figure publique a provoqué la fuite de plus de 2 millions de dollars vers de faux placements boursiers. De même, les pratiques de chantage à l'image trafiquée touchent lourdement les tranches d'âge de 18 à 24 ans au Ghana, où les pertes financières ont quintuplé. La falsification de documents d'identité par synthèse de données réelles frappe également le secteur bancaire et la distribution de crédits mobiles dans des pays comme le Cameroun, le Mali et la Tanzanie.
La riposte des services de police nationaux pâtit d'un déficit aigu de qualification professionnelle face à la technicité des assauts numériques. Seules 33 % des agences de sécurité déploient des algorithmes pour détecter les menaces, tandis que 31 % emploient l'informatique légale pour instrumenter les procédures. L'absence de maîtrise technique paralyse 92 % des services d'enquête, avec un taux dérisoire de 8 % d'analystes véritablement spécialistes du renseignement algorithmique.
La vulnérabilité des réseaux bancaires et des plateformes de paiement électronique menace d'éroder la confiance des investisseurs internationaux dans le processus de digitalisation des services financiers en Afrique. Le manque à gagner généré par les escroqueries pèse directement sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications et des établissements bancaires. L'urgence impose une réorientation immédiate des budgets de sécurité publique vers la formation intensive des brigades d'investigation pour contrecarrer la sophistication croissante des attaques virtuelles.
Asaba
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