Xénophobie : Le Congo rapatrie 155 ressortissants de l'Afrique du Sud
Le Congo rapatrie 155 ressortissants de l'Afrique du Sud en proie à la xénophobie. La dégradation sécuritaire pousse d'autres pays à évacuer leurs citoyens. Une crise humanitaire et économique se dessine.
Ecouter l'article
Cliquez pour generer la version audio
Anatole COLLINET MAKOSSO, Premier ministre congolais, a supervisé l'accueil des passagers sur le tarmac de la capitale, actant une opération de sauvetage amorcée le 22 juin par la représentation diplomatique de Pretoria. La dégradation sécuritaire découle d'un ultimatum fixé au 30 juin 2026 par des groupements nationalistes sud-africains exigeant l'expulsion forcée des travailleurs étrangers, poussant également le Nigeria, le Ghana et le Malawi à activer des plans d'évacuation d'urgence.
La flambée des violences contre les communautés d'immigrants s'alimente d'une détresse macroéconomique aiguë au sein de la première économie industrielle du continent. Les indicateurs publiés par l’agence nationale des statistiques évaluent le taux de chômage en Afrique du Sud à 32,7 % au premier trimestre de l'exercice 2026, matérialisant une détérioration continue par rapport aux 31,4 % enregistrés au dernier trimestre de l'année précédente. La population active privée d'emploi s'établit désormais à 8,137 millions d’individus, contre 7,836 millions sur la séquence trimestrielle antérieure. La précarisation de la jeunesse sud-africaine transforme la main-d'œuvre ouest-africaine et centrale en bouc émissaire, affectant les investissements commerciaux injectés par les entrepreneurs de la diaspora congolaise dans les provinces du Gauteng et du Cap.
Les autorités de Brazzaville font face au défi de la réintégration socio-économique et médicale de migrants ayant tout abandonné. Le Premier ministre a mis en perspective la crise actuelle avec la profondeur des liens historiques liant les deux nations, rappelant la contribution financière substantielle de l’ancienne Organisation de l'unité africaine (OUA) via le « Fonds Africa » hébergé par le Congo durant les décennies de lutte contre l'Apartheid. La diplomatie congolaise exhorte les autorités de Pretoria à faire respecter les conventions multilatérales sur la protection des migrants et à réactiver les principes de solidarité légués par Nelson Mandela. La réinsertion des rapatriés exigera une mobilisation budgétaire nationale immédiate pour compenser les pertes de capitaux et assurer un encadrement psychologique adéquat.
Asaba
Commentaires