Sosucam : Autopsie d'une cession tiraillée
La Société sucrière du Cameroun (Sosucam) traverse une zone de turbulences, marquée par l'officialisation de l'accord de cession de la participation majoritaire détenue par le groupe Somdia au profit d'un consortium d'investisseurs locaux. Ce désengagement annoncé intervient au terme d'une séquence financière particulièrement éprouvante, caractérisée par une série de six exercices déficitaires cumulés entre 2020 et 2025.
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Durant cette période, la filiale camerounaise a accumulé des pertes nettes abyssales avoisinant 99 milliards de FCFA, un chiffre qui témoigne de la dégradation continue de sa rentabilité opérationnelle dans un marché national où la demande intérieure estimée à 300 000 tonnes par an peine à être satisfaite par la production locale.
Face à cette érosion financière et à la contraction du chiffre d'affaires, l'actionnaire de référence avait pourtant multiplié les efforts de sauvetage, procédant à des recapitalisations massives par conversion de créances en comptes courants pour plus de 34 milliards de francs CFA, tout en alourdissant progressivement ses provisions et dépréciations d'actifs. Alors que le projet de cession prévoyait un ambitieux plan de relance pluriannuel de plus de 130 milliards de francs CFA destiné à moderniser l'outil industriel et agricole, le processus fait face à des arbitrages institutionnels rigoureux, les pouvoirs publics ayant exprimé le souhait de surseoir aux démarches en raison du caractère éminemment stratégique de l'entreprise pour l'approvisionnement du pays.
La transition capitalistique qui s'annonce pour le fleuron de l'agro-industrie met en exergue les défis colossaux liés à la gestion des filières de grande consommation face aux aléas de production et à la volatilité des marchés. L'issue de ce dossier scellera non seulement l'avenir de la transformation sucrière nationale, mais définira également les nouvelles modalités de partenariat entre les investisseurs privés et la puissance publique dans la gestion des actifs économiques névralgiques.
Asaba
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