L'avis légal formalisé à la mi-octobre met en lumière l'issue financière des résolutions adoptées lors de l'assemblée générale extraordinaire tenue le 17 juin 2026. En procédant à un « coup de accordéon » caractérisé par une réduction préalable de capital de 381,12 millions de FCFA suivie d'une augmentation de capital de 165,36 milliards de FCFA entièrement souscrite par le ministère des Finances, le capital social de la Sonara passe de 19,56 milliards à 184,92 milliards de FCFA.

L'injection de fonds souverains s'est opérée sans décaissement effectif de trésorerie, la République du Cameroun ayant compensé des créances liquides et exigibles contre l'émission de 2 875 540 actions nouvelles de 57 500 FCFA chacune. Cette émission massive de titres a marginalisé les partenaires historiques privés et publics, dont les participations globales se sont effondrées de 18,05 % à 1,91 % du tour de table sans qu'il y ait eu de cession active de leurs avoirs. Outre le groupe français TotalEnergies, dont la part tombe à 0,42 %, les bras financiers et pétroliers de l'État subissent une contraction équivalente. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) voit son ancrage reculer de 6,06 % à 0,64 %, la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) passe de 4,22 % à 0,45 %, et la Société nationale d'investissement (SNI) est ramenée de 3,77 % à 0,40 %.

Cette ingénierie comptable vise prioritairement à apurer l'endettement croisé entre la Sonara et le Trésor public, assainissant la structure financière d'une entreprise paralysée par l'incendie de ses unités de production survenu en mai 2019. Convertie depuis lors en simple importateur et distributeur de produits pétroliers finis, la Sonara affiche un profil bilanciel plus solide à la suite du renforcement de ses fonds propres, indispensable pour aborder le projet de reconstruction du complexe industriel. L'État cherche ainsi à rassurer le marché alors que le coût global de modernisation et d'extension du site  destiné à faire passer la capacité de traitement annuel de 2,1 millions à 3,5 millions de tonnes de brut  est estimé à près de 700 milliards de FCFA.


Ndjomo Carlos