Le premier axe de ce colloque s’attaque à la problématique de l’énergie, véritable moteur de toute ambition manufacturière. Alors que les objectifs fixent une capacité de 5 000 MW à l'horizon 2030, la production actuelle peine à franchir le cap des 2 500 MW. Ce déficit structurel freine l'élan de l'import-substitution, dont les résultats tardent à se refléter dans la balance commerciale. Avec un déficit extérieur record de 2 145 milliards de FCFA enregistré en 2025, les débats s'orientent vers la définition d'une stratégie industrielle plus agressive, capable de transformer le Cameroun en véritable locomotive de la zone CEMAC.

La dimension humaine a occupé une place centrale dans ces échanges. Le lien entre la décentralisation et l'amélioration du niveau de vie des populations fait l'objet d'une analyse rigoureuse. Cette préoccupation est d'autant plus vive qu'une partie significative de la population a vu sa situation se fragiliser ces dernières années. Le forum interroge le rôle des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) dans la redistribution de la richesse et la lutte contre la pauvreté. Parallèlement, l'efficacité des systèmes de formation est scrutée pour garantir que le capital humain de demain soit en parfaite adéquation avec les besoins d'une économie en mutation.

L'impact de la rigueur budgétaire sur le progrès de l'Afrique est fondamental. Dans un contexte où les dépenses étatiques progressent plus rapidement que les recettes, l'optimisation des ressources devient une priorité absolue. Ce forum ne se contente pas de dresser un constat des retards ; il se veut un laboratoire d'idées pour identifier de nouveaux leviers de croissance durable. La réussite de la SND30 dépendra de la capacité du pays à attirer les investissements privés tout en renforçant la gouvernance publique. Chaque piste d'accélération proposée lors de cette rencontre contribue à solidifier la trajectoire du Cameroun vers le rang d'économie à revenu intermédiaire.


Bernardo