Longtemps conservé au stade des annonces, la diversification minière entre dans une phase opérationnelle concrète. Le démarrage de l'exploitation du fer à Grand Zambi début 2025, suivi des premières expéditions tests en janvier 2026, marque un tournant historique pour le secteur non pétrolier. Parallèlement, le lancement officiel du projet de bauxite de Minim Martap en mars 2026 vient confirmer ce basculement de paradigme. Ces chantiers ne sont plus de simples intentions budgétaires, mais des moteurs de croissance réels visent à fournir l'érosion naturelle de la production de brut, à condition que la logistique et l'offre énergétique suivent la cadence.

Si le FMI salue l'effort d'investissement public, notamment soutenu par les 310 millions d'euros de la Banque africaine de développement pour le désenclavement de l'Est, il assortit ses prévisions de conditions strictes. L'assainissement des finances publiques reste le préalable non négociable. L'institution appelle à une gestion rigoureuse de la dépense, à l'opérationnalisation effective du Compte Unique du Trésor et à une mobilisation accumulée des recettes fiscales. Sans cette discipline, les vulnérabilités extérieures (illustrées par un déficit courant projeté à 3,9 % du PIB en 2025) pourraient fragiliser la stabilité macroéconomique durablement acquise.

La sortie de la dépendance aux hydrocarbures impose également une radicale du climat des affaires. Le FMI insiste sur la mise en œuvre des recommandations issues de l'évaluation de la gouvernance de 2023, ciblant la lutte contre la corruption et la transparence de la gestion publique. Alors que la suite de la relation contractuelle avec le Fonds reste à définir, le Cameroun joue sa crédibilité sur sa capacité à transformer ces lancements de projets en flux d'exportation massifs. Les prochains mois feront office de test de vérité car la solidité de la « promesse minière » se mesurera à l'aune de la production effective et de la fluidité des couloirs de transport.


Asaba