L'audience, qui a réuni un aéropage d'experts techniques et de hauts responsables de la sécurité maritime, a permis de lever le voile sur l'ampleur d'une anarchie qui ternit l'image du pays sur la scène internationale. De nombreux navires opèrent frauduleusement sous le label Cameroun, contournant les réglementations de sécurité et de protection de l'environnement. Pour stopper cette dérive, Yaoundé mise sur une digitalisation intégrale du processus d'immatriculation. Quatre centres névralgiques (Douala, Limbé, Kribi et Garoua) sont désormais en première ligne de cette mutation technologique.

Le plan de riposte camerounais s'appuie sur une collaboration étroite avec l'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication (ANTIC) pour débusquer les immatriculations usurpées. Le dispositif de dissuasion se veut également financier : des amendes oscillant entre 5 et 10 millions de FCFA frapperont désormais les navires qui désactivent volontairement leur système d'identification automatique (AIS) pendant la navigation. Malgré ces avancées, des défis structurels subsistants, notamment la nécessité d'une mise à jour rigoureuse du Code de la marine marchande et le déploiement d'un système de surveillance en temps réel.

C'est sur ce volet technique que l'appui de Londres s'avère déterminant. Le Royaume-Uni, puissance maritime historique, a proposé une assistance pointue incluant le partage d'informations stratégiques et un accompagnement direct des experts camerounais dans les centres d'enregistrement. L'objectif final est de restaurer une « santé réglementaire » dans un secteur vital pour le commerce extérieur. En sécurisant son pavillon, le Cameroun ne protège pas seulement son prestige diplomatique, il garantit également à ses partenaires que les navires battant sa bannière respectent scrupuleusement les normes de navigation mondiales.


Asaba