L'ambition de la Banque européenne pour le développement (BEID) s'inscrit dans un contexte de rattrapage nécessaire pour le continent. Bien que le financement climatique en Afrique ait progressé de 48 % entre 2021 et 2022, la contribution du secteur privé stagne à 18 %. Afin d'inverser cette tendance, la banque a obtenu l'accréditation auprès du Fonds vert pour le climat (FVC) en 2025. Ce statut, conjugué à un accord de 100 millions d'euros signé avec la Banque européenne d'investissement (BEI), lui permet de mobiliser des ressources à des taux préférentiels, s'affranchissant ainsi du coût prohibitif du capital qui pénalise généralement les emprunteurs africains.


La crédibilité de cette nouvelle orientation repose sur les récents succès enregistrés sur les marchés financiers. En juillet 2024, la BIDC a lancé la première obligation verte, sociale et durable (GSS) par le biais d'une offre publique au sein de l'UEMOA. Cette opération de 70 milliards de FCFA, intégralement souscrite en moins de cinq jours, témoigne de l'intérêt croissant des investisseurs pour les actifs responsables. Cette levée de fonds représente une partie substantielle de l'effort de transition régionale, contrastant avec les volumes encore modestes mobilisés sur les bourses locales.


Malgré ces progrès, la réalité du terrain impose une approche nuancée. Avec un taux d'accès à l'électricité plafonnant à 54 % au sein de la CEDEAO et s'effondrant sous les 10 % en zone rurale, la décarbonation ne peut se faire au détriment du développement fondamental. La Banque privilégie donc une « transition ordonnée », illustrée par des projets d'électrification solaire tels que ceux du Niger. S'appuyant sur les prévisions de la Commission économique des Nations Unies, la BEI mise sur le fait que les investissements verts peuvent générer jusqu'à 420 % de valeur ajoutée, démontrant ainsi que la performance écologique est un moteur de rentabilité économique.


Asaba