Raffinerie CSTAR : BGFIBank Cameroun et la SHN signent une convention de financement de 120 milliards de FCFA
La place bancaire nationale affirme son rôle moteur dans la sécurisation énergétique du pays à travers une opération de syndication d’envergure. Le 5 mai 2026, une alliance financière stratégique a été officialisée entre la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et un consortium d'établissements de crédit locaux sous le leadership de BGFIBank Cameroun. Cet engagement vise à garantir la quote-part publique dans le projet de raffinerie de Kribi.
L’ingénierie de ce financement, dont le mandat initial avait été structuré en octobre 2025, repose sur la collaboration de cinq acteurs majeurs du secteur bancaire : BGFIBank, Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et la BICEC. Le montant de 120 milliards de FCFA ainsi réuni représente précisément 33,76 % de l'investissement total nécessaire à la réalisation de l'infrastructure. Ce soutien local massif intervient dans un contexte de gestion rigoureuse des liquidités régionales, validant la crédibilité de l'opérateur étatique auprès des bailleurs de fonds nationaux.
L’investissement global du projet, porté par la société CSTAR, est évalué à 622 millions de dollars. Ce déploiement de capitaux vise la mise en service d’une unité industrielle située sur le site de Mbôro, dont les composants ont été pré-assemblés en Chine. Selon le calendrier opérationnel, la phase de production initiale devrait débuter dès la fin de l'exercice 2026 avec un débit de 10 000 barils par jour. Cette montée en charge progressive cible une capacité d'exploitation de 30 000 barils par jour à l'horizon 2028.
Sur le plan macroéconomique, les retombées financières attendues sont significatives. Les promoteurs tablent sur un chiffre d'affaires annuel avoisinant 1 milliard de dollars, pour un flux de trésorerie net de 120 millions de dollars. Le mix de production sera diversifié, incluant le fioul (30 %), le gasoil (25 %), l'essence super (23 %), le bitume (10 %) et le gasoil marin (8 %). Ce dernier segment pourrait d'ailleurs générer jusqu’à 250 millions de dollars de recettes d’exportation spécifiquement dédiées au ravitaillement maritime.
L'efficience de cette raffinerie modulaire constitue un levier de résilience pour la balance commerciale nationale. En substituant la production locale aux importations, le Cameroun pourrait réduire ses sorties de devises de 750 millions de dollars par an, pour une économie globale estimée à 1 milliard de dollars annuels. Cette dynamique, activement encouragée par la Banque Centrale, consolide la solidité de la croissance camerounaise et favorise une intégration profonde de la chaîne de valeur pétrolière au bénéfice de l'économie réelle.
BCN
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