Le moteur de cette décrue financière réside dans la chute brutale des tarifs à l'importation. Le coût moyen de la tonne de carburant a dégringolé de 26,6 %, tombant sous la barre des 390 000 FCFA. Cette dynamique a permis aux autorités monétaires et énergétiques de piloter une augmentation des volumes importés, qui ont dépassé le cap symbolique des 2 millions de tonnes, tout en prévoyant de 19,1 % l'enveloppe globale de règlement. Cette gestion des flux assure la continuité du ravitaillement du triangle national sans accentuer la pression sur le déficit budgétaire, traditionnellement lesté par le mécanisme des subventions à la pompe.

Malgré ce soulagement financier, les données mettent en lumière une vulnérabilité structurelle. Si les sorties de fonds pour l'essence et le gasoil s'allégent, les revenus tirés de la vente du brut camerounais ont également subi une érosion, pénalisée par une recul des prix de vente de près de 30 %. Le modèle économique actuel, caractérisé par l'expédition de la ressource brute et le rachat massif de produits transformés à l'étranger, reste tributaire des fluctuations boursières internationales. Le gain réalisé sur les achats ne compense ainsi que partiellement le manque à gagner sur les exportations.

Depuis l'arrêt des capacités de traitement locales en 2019, les hydrocarbures restent le premier poste de dépense du pays. La rupture avec la tendance inflationniste a observé l'an dernier offre un répit aux réserves de changement, mais ne résout pas l'équation de la dépendance. Avec un déficit commercial global qui s'établit à 2 145 milliards FCFA, la maîtrise des coûts énergétiques demeure une priorité. La persistance du marché mondial et les incertitudes géopolitiques rappellent l'urgence de renforcer les capacités de stockage afin de sécuriser durablement l'activité économique nationale.


Ndjomo Carlos