Bien que le transfert de l'équipement à la Communauté urbaine de Garoua (CUG) remonte à 2003, l'exploitation n'a jamais été soumise à un encadrement normatif rigoureux. Cette carence a engendré une érosion des ressources, confirmée par un audit de la Chambre des comptes portant sur les exercices 2020 à 2024. Le rapport souligne notamment une défaillance dans le recouvrement des droits portuaires, faute d'une homologation préalable des tarifs. La nouvelle feuille de route impose désormais un recensement exhaustif des intervenants, y compris les transporteurs artisanaux, afin de réintégrer l'activité commerciale dans un circuit légal et traçable.

La réorganisation dépasse les simples enjeux comptables. Les autorités ont prescrit une coopération accrue entre les services de sécurité et les unités de défense pour démanteler les réseaux de trafics illicites. En reprenant le contrôle technique des installations, l'administration entend assainir les échanges avec le Nigeria et le Tchad. Cette sécurisation constitue un préalable indispensable au déploiement du plan de modernisation de l'infrastructure, dont l'investissement prévisionnel s'élève à 16 milliards de FCFA.

Fondé en 1935, ce point de rupture de charge demeure une pièce maîtresse de la connectivité dans le bassin de la Bénoué. La mise en place de ce comité de gestion traduit une volonté de redonner une fonction économique Lisible à cet équipement. En professionnalisant la gestion municipale, le gouvernement espère transformer ce site en un pôle logistique performant, capable de générer des revenus pérennes et de soutenir le dynamisme commercial en Afrique centrale.


BCN