Ce rythme positionne le pays à proximité immédiate de la moyenne continentale  attendue à 4,2 % cette année avant de remonter à 4,4 % en 2027  mais maintient l'économie nationale en deçà du plancher de 5 % défini par l'institution multilatérale comme le marqueur d'une dynamique de croissance vigoureuse.

La configuration budgétaire du pays affiche des indicateurs de vulnérabilité contenus qui le mettent à l'abri des crises aiguës subies par d'autres nations de la sous-région. Les projections de la BAD mettent en relief un assainissement progressif du déficit des comptes publics, qui devrait reculer pour s'établir à 0,7 % du PIB, contre 1,9 % précédemment, tandis que l'inflation est anticipée à 3,5 % en 2026 avant de refluer à 2,7 % l'année suivante. De même, la balance courante, bien que structurellement déficitaire, amorce une trajectoire de correction en passant de 4,1 % à 3,9 % du PIB. Toutefois, cette maîtrise comptable ne parvient pas à propulser le pays au niveau des économies les plus véloces du continent, à l'instar du Bénin ou de l'Éthiopie qui affichent des prévisions d'activité supérieures à 6 % et 7 %.

Ce décalage de performance interroge directement le rendement de l'investissement public en Afrique centrale, zone dont la moyenne de croissance stagne à 3,8 % pour l'année en cours. L'institution de financement panafricaine souligne qu'à l'échelle du continent, le taux d'inefficience des dépenses en infrastructures atteint en moyenne 41 %, ce qui signifie qu'une fraction substantielle des ressources mobilisées ne génère aucun capital productif immédiat. Pour le Cameroun, l'enjeu des prochains mois réside dans sa capacité à optimiser la qualité de ses dépenses en capital et à diversifier sa base industrielle afin de s'extraire d'une croissance de continuité, jugée insuffisante pour absorber la demande d'emplois et stimuler le financement du secteur privé.


BCN